Vous êtes au cercle, le cochonnet est à neuf mètres et l’adversaire tient deux boules devant. Le tir paraît simple, mais un pied qui mord le cercle, une boule jouée hors délai ou une cible déplacée sans repère peuvent transformer un bon coup en faute. Le règlement FFPJP ne juge pas la beauté du geste : il fixe les conditions dans lesquelles le tir est valable.
En bref, les règles qui encadrent le tir à la pétanque reposent sur des gestes précis et vérifiables.
- Le tireur doit garder ses deux pieds entièrement dans le cercle jusqu’au contact de la boule avec le sol, selon l’article 6.
- La boule tirée doit rester en terrain autorisé pour demeurer bonne, suivant les articles 18 et 19.
- Chaque joueur dispose de une minute pour jouer après l’arrêt de la boule précédente, comme l’indique l’article 21.
- Une boule adverse déplacée par un tir régulier conserve sa nouvelle position.
- Les points se mesurent avec un instrument adapté, jamais avec le pied, conformément à l’article 26.
Règles du tir à la pétanque depuis le cercle de lancement
Le tir commence avant le lâcher de la boule. L’article 6 du règlement FFPJP impose que les pieds du joueur soient placés entièrement à l’intérieur du cercle. Ils ne peuvent ni mordre le bord, ni sortir du cercle, ni décoller complètement du sol avant que la boule lancée ait touché le sol. Cette précision compte particulièrement au tir au fer, où le joueur cherche à frapper directement la boule visée avec une trajectoire tendue.
La règle vise autant l’égalité entre les joueurs que la lisibilité de l’arbitrage. Un tireur qui avance le pied au moment de lâcher gagne quelques centimètres et modifie son angle de sortie. Sur une cible placée à dix mètres, ce faible gain peut suffire à rendre le geste plus facile. Depuis les ajustements appliqués dans les compétitions fédérales, placer un pied sur la bordure du cercle n’est plus toléré. Les deux pieds doivent être dedans, avant le lancer comme pendant le mouvement.
Le cercle rigide réglementaire présente un diamètre intérieur de 50 cm, avec une tolérance de plus ou moins 2 mm. Un cercle tracé au sol peut mesurer entre 35 et 50 cm. Il doit se situer à plus d’un mètre d’un obstacle et à au moins 1,50 mètre d’un autre cercle utilisé ou du but d’une autre partie. Le joueur peut nettoyer l’intérieur du cercle pendant la mène, mais il doit le remettre en état à la fin. Creuser une zone d’appui, déplacer des graviers ou préparer une piste de tir à l’extérieur est interdit.
Le tir ne donne pas le droit de modifier le terrain
L’article 10 interdit de supprimer, déplacer ou écraser les obstacles présents sur le terrain. Une pierre, une irrégularité ou une petite branche fait partie de la donnée. Le joueur qui va lancer le cochonnet peut tester la surface avec sa boule, sans frapper le sol plus de trois fois. Cette possibilité ne sert pas à fabriquer une piste pour le tireur. Pendant la mène, un trou causé par une boule déjà jouée peut être rebouché, mais seulement dans cette limite.
Balayer devant une boule à tirer reste une faute fréquente dans les concours. Le geste paraît anodin sur un terrain poussiéreux, pourtant il améliore artificiellement le passage de la boule ou modifie son rebond. L’article 35 prévoit une échelle de sanctions. L’arbitre peut attribuer un carton jaune, puis annuler une boule par carton orange, exclure le fautif par carton rouge ou disqualifier l’équipe dans les cas graves. Un rappel oral avant le début de la partie ne constitue pas un avertissement officiel.
Le joueur doit aussi enlever la boue ou tout dépôt collé à sa boule avant le lancer, selon l’article 16. Une boule chargée de terre peut accrocher le sol, freiner anormalement ou laisser une trace qui renseigne l’équipe sur la donnée. Cette vérification prend deux secondes au cercle et évite une contestation lorsque le tir manque sa cible de manière inhabituelle.
Un tir régulier se juge d’abord au cercle. Si les pieds ne respectent pas l’article 6, le résultat du coup ne répare pas la faute.
Le respect du cercle donne au tir sa base réglementaire, mais la validité de la boule dépend ensuite de son parcours sur le terrain.

Tir à la pétanque et boule valable sur le terrain de jeu
Un tir peut frapper parfaitement la boule adverse et devenir nul une seconde plus tard. L’article 19 du règlement FFPJP indique qu’une boule est nulle dès qu’elle a entièrement franchi une limite de terrain autorisé. Une boule qui reste à cheval sur la ligne est bonne. Elle ne sort du jeu que lorsqu’elle a dépassé totalement l’aplomb de la limite. Cette différence doit être observée avec calme, surtout sur les cadres étroits où la boule tirée roule après l’impact.
Dans les concours disputés sur terrains tracés, une boule devient aussi nulle lorsqu’elle traverse entièrement plus d’un jeu latéralement contigu ou lorsqu’elle sort par le fond du cadre. Les ficelles séparant les terrains ne sont pas automatiquement des lignes de perte. Les lignes de fond et les limites extérieures du cadre le sont. Pour les parties limitées dans le temps, toutes les lignes du terrain attribué deviennent des lignes de perte. Le contexte du concours change donc l’appréciation d’un tir qui file vers le côté.
L’article 18 précise qu’il est interdit de lancer une boule pour s’essayer pendant une partie, même hors du terrain où se déroule la mène. Le tireur ne peut pas tester son bras sur le jeu voisin avant de prendre position. Cette pratique expose à une sanction de l’article 35. Elle gêne aussi les autres parties et rend le rythme du concours difficile à tenir.
Ce qui arrive lorsque le tir est arrêté ou dévié
Une boule de tir arrêtée ou déviée par un arbitre ou un spectateur conserve sa position d’arrêt, selon l’article 20. Le même principe s’applique lorsqu’un obstacle extérieur imprévu intervient. En revanche, si la boule est déviée involontairement par un partenaire du tireur, elle est nulle. Le partenaire doit donc rester hors de la trajectoire, même lorsqu’il suit le coup des yeux.
Lorsque l’adversaire stoppe involontairement une boule pointée, le joueur qui l’a lancée peut choisir de la rejouer ou de la laisser où elle s’est immobilisée. Pour une boule tirée ou frappée, l’adversaire peut conserver la position obtenue ou replacer la boule dans le prolongement de sa trajectoire, à condition de rester en terrain autorisé et que l’emplacement initial ait été marqué. Si l’arrêt est volontaire, la sanction est immédiate : le joueur fautif et son équipe sont disqualifiés pour la partie en cours.
Le cochonnet suit une logique distincte. Un but déplacé par l’effet d’une boule jouée dans la partie reste valable, sauf s’il satisfait à l’un des cas d’annulation de l’article 9. Pour les juniors et seniors, il devient nul s’il se trouve à moins de 3 mètres du cercle ou à plus de 20 mètres. Il est aussi nul s’il passe entièrement en terrain interdit, s’il devient introuvable après cinq minutes de recherche ou si un terrain interdit se trouve entre le cercle et lui.
| Situation observée après un tir | Article FFPJP | Décision réglementaire |
|---|---|---|
| La boule reste à cheval sur une ligne de perte | Article 19 | La boule demeure bonne |
| La boule traverse entièrement la limite autorisée | Article 19 | La boule est nulle et doit être retirée |
| Un partenaire arrête involontairement la boule tirée | Article 20 | La boule est nulle |
| Un spectateur dévie la boule tirée | Article 20 | La boule garde sa position d’arrêt |
| Le cochonnet est envoyé à plus de 20 mètres du cercle | Article 9 | Le but est nul |
Le cadre du terrain ne sert donc pas seulement à organiser les parties : il détermine si le tir continue à produire ses effets ou si la boule doit disparaître du jeu.
Règlement du tir au fer et choix de la boule à jouer
Le règlement ne distingue pas le tir au fer, le tir devant ou le tir à la rafle. Ces expressions décrivent une technique et une stratégie, pas des catégories juridiques. Toute boule est valable si elle est jouée depuis le cercle, dans le délai imparti et selon les règles du terrain. Le tir au fer consiste à frapper directement la boule adverse avec sa propre boule, sans toucher le sol avant l’impact. Le tir devant cherche au contraire un rebond contrôlé juste avant la cible.
Cette différence de geste a des conséquences pratiques. Sur un sol dur et roulant, le tir au fer limite les aléas de la donnée, mais demande une grande précision de ligne et de portée. Sur un terrain profond ou meuble, tirer devant peut offrir une marge plus large, à condition de connaître la réaction du gravier. Pour travailler le mouvement sans confondre technique et règlement, consultez ce guide consacré à la technique pour tirer à la pétanque. Les règles restent les mêmes quel que soit le tir choisi.
L’article 16 fixe l’ordre de jeu. Après la première boule, c’est toujours à l’équipe qui n’a pas le point de jouer. Une équipe ne peut pas décider de tirer alors qu’elle possède le point simplement parce qu’elle veut dégager une boule gênante. Elle doit attendre que l’adversaire reprenne l’avantage ou joue une boule qui modifie la situation. La stratégie se construit donc à partir de la mesure réelle, non à partir d’une impression.
Une boule lancée ne se reprend pas
Une fois lancée, une boule ne peut pas être rejouée. Ce principe de l’article 16 vaut aussi pour un tir visiblement raté au départ de la main. Le joueur ne peut pas rappeler sa boule, l’arrêter avec le pied ou demander à recommencer parce qu’elle a glissé. Des exceptions existent lorsqu’un élément extérieur dévie involontairement la boule entre le cercle et le but, par exemple une boule issue d’un autre terrain, un animal ou un objet mobile.
Le tireur joue une boule à la fois. Il ne peut pas conserver une seconde boule dans l’autre main lorsqu’il lance sa dernière. Cette interdiction réduit les confusions et évite le changement discret de boule au moment d’un coup décisif. Jouer la boule d’un partenaire entraîne un avertissement selon l’article 23. La boule demeure valable, mais elle doit être remplacée immédiatement par la bonne boule, après une éventuelle mesure. En cas de récidive, la boule du fautif est annulée et les objets déplacés sont remis en place s’ils avaient été marqués.
Les boules de compétition doivent répondre à l’article 2. Elles sont en métal, creuses, gravées avec le label du fabricant et leur poids lisible. Leur diamètre doit se situer entre 70,5 et 80 mm, et leur masse entre 650 et 800 g. Elles ne doivent contenir aucun matériau ajouté et ne peuvent pas être recuites ou modifiées après fabrication. Une boule usée n’est pas automatiquement interdite, mais elle doit encore respecter ces normes.
Pour un joueur adulte qui tire régulièrement, une boule de 700 à 720 g et de 72 à 74 mm offre souvent un compromis cohérent entre maniabilité et stabilité, sous réserve d’une prise en main adaptée. À titre de repère commercial constaté en juin 2026, une triplette loisir en acier chromé se situe généralement entre 35 et 45 €, tandis qu’une triplette homologuée de compétition se vend fréquemment au-delà de 120 €. Le prix ne donne aucun droit supplémentaire sur le terrain : la conformité réglementaire et le geste priment.
Le tir au fer devient rentable lorsqu’il s’appuie sur une cible nette, une boule conforme et un ordre de jeu respecté, jamais lorsqu’il sert à jouer plus vite que la règle.
Temps de jeu, silence et comportement pendant un tir de pétanque
Le délai réglementaire est souvent oublié quand une mène se tend. L’article 21 accorde à chaque joueur une minute pour lancer sa boule. Le compte démarre dès l’arrêt du but ou de la boule précédente. Lorsqu’une mesure est nécessaire, il part à partir de la fin de cette mesure. Le même délai s’applique au joueur qui lance le cochonnet. Une discussion tactique peut exister, mais elle ne doit pas devenir une méthode pour suspendre le jeu.
Le dépassement du délai relève de l’article 35. Un premier carton jaune pour perte de temps concerne l’ensemble des joueurs de l’équipe fautive. Si l’un d’eux possède déjà un jaune, il peut perdre une boule à jouer sur la mène en cours ou sur la suivante. Cette règle impose un rythme collectif. Le tireur doit être prêt quand vient son tour, tandis que les partenaires doivent formuler leur stratégie avant que la minute ne s’écoule.
Le silence et le placement des joueurs relèvent de l’article 17. Pendant le temps du tir, adversaires et spectateurs ne doivent ni marcher, ni gesticuler, ni provoquer de gêne. Les adversaires se tiennent au-delà du but ou derrière le joueur, latéralement par rapport à l’axe du jeu et à au moins 2 mètres de l’un ou de l’autre. Seuls les partenaires du tireur peuvent se placer entre le cercle et le cochonnet.
Lire le jeu sans perturber le tireur
Un tireur a besoin de voir sa boule cible, le but et les obstacles utiles. Se placer dans son champ visuel ou passer derrière lui au moment du lâcher constitue une gêne, même sans parole. L’arbitre peut sanctionner une persistance après avertissement. La retenue est particulièrement attendue lors des tirs de dégagement, lorsque le moindre mouvement périphérique peut détourner l’attention.
L’article 39 complète ces obligations. Une tenue correcte est imposée en compétition, avec des chaussures fermées protégeant les orteils et les talons. Depuis les dispositions administratives appliquées aux concours départementaux, régionaux et nationaux en 2026, le haut et le bas sportifs sont exigés. Le jean, le pantalon de ville et les vêtements non sportifs ne répondent pas à cette exigence. Le téléphone portable et la cigarette, y compris électronique, sont interdits sur les jeux pendant la partie.
La tenue ne modifie pas la qualité d’un tir, mais elle participe au cadre identique pour tous. Des chaussures fermées limitent aussi le risque de recevoir une boule sur les orteils lors d’un tir court. Les questions de santé ou de prévention des blessures dépassent les règles de jeu : pour ce sujet, consultez un professionnel de santé qualifié.
Un joueur retardataire peut rejoindre son équipe à partir de la mène suivante s’il arrive après le début de la partie, conformément à l’article 33. Au-delà de trente minutes, il perd le droit de jouer cette partie. L’équipe peut commencer sans lui, mais ne dispose pas de ses boules. Cette disposition évite qu’un joueur absent perturbe le déroulement d’un concours en arrivant au milieu d’une mène décisive.
Le tir demande de la concentration, mais le règlement protège aussi celle des autres. Une partie fluide repose sur des joueurs placés correctement, prêts à jouer et capables de laisser l’arbitre trancher.
Mesurer les points après un tir et traiter les coups litigieux
Un tir réussi ne vaut pas toujours un point. Il peut enlever une boule adverse, pousser le cochonnet ou laisser plusieurs boules à des distances difficiles à lire. L’article 26 confie la première mesure au joueur qui vient de jouer ou à l’un de ses partenaires. L’adversaire conserve toujours le droit de mesurer à son tour. Chaque équipe doit disposer d’un instrument adapté, généralement un mètre ruban ou un compas de mesure.
Mesurer avec le pied est interdit. Cette pratique déplace facilement le gravier, frôle une boule ou fausse une distance inférieure à quelques millimètres. Le joueur qui le fait s’expose aux sanctions de l’article 35. Lorsqu’un point est serré, l’arbitre peut être appelé à tout moment et sa décision ne se conteste pas sur le terrain. Les joueurs doivent alors rester à plus de deux mètres pendant la mesure.
Le point est perdu par l’équipe dont un joueur déplace le but ou une boule litigieuse pendant la mesure, selon l’article 28. C’est une faute lourde de conséquence après un tir qui a créé un paquet de boules. Avant de retirer une boule ou un obstacle gênant, il faut les marquer. L’article 25 autorise cet enlèvement temporaire uniquement pour rendre la mesure possible, puis impose de remettre les éléments à leur place.
Égalité de distance et boules déplacées après le tir
L’article 29 prévoit le cas des deux boules les plus proches, une de chaque équipe, exactement à égale distance du cochonnet. Si les équipes n’ont plus de boules, la mène est nulle. Si une seule équipe dispose encore de boules, elle les joue et marque les boules qui finiront plus près que la meilleure adverse. Si les deux équipes ont encore des boules, celle qui a joué la dernière doit rejouer, puis l’autre équipe joue à son tour, jusqu’à ce que l’une prenne le point.
Les positions doivent être marquées. L’article 22 permet de replacer une boule déplacée par le vent, un animal, un spectateur ou un objet mobile, à condition qu’elle ait été repérée auparavant. Sans marque, aucune réclamation n’est admise et l’arbitre statue selon l’emplacement visible au moment de son intervention. Une boule déplacée par une autre boule jouée dans la même partie reste à sa nouvelle place. Cette dernière situation est le résultat normal d’un tir.
Une réclamation doit être formulée auprès d’un arbitre pendant la partie, conformément à l’article 31. Après le dernier point annoncé et la partie terminée, elle n’est plus recevable. Les discussions entre équipes ne remplacent pas la décision arbitrale. Pour retrouver les renvois utiles et vérifier la version applicable, consultez le règlement FFPJP à consulter avant un concours.
Le décompte s’arrête lorsque l’une des équipes atteint 13 points. Il n’existe pas d’écart de deux points à obtenir. Une mène peut rapporter plusieurs points après un tir qui a complètement dégagé la zone du but, mais seuls les boules plus proches que la meilleure boule adverse sont comptées. Un point apparent doit donc être mesuré lorsque les deux équipes ne sont pas d’accord.
Avant de sortir le mètre, regardez l’axe entre la boule et le cochonnet sans toucher au jeu. Cette habitude réduit les gestes inutiles et préserve la sérénité quand un tir a laissé un point difficile à départager.
Un tireur peut-il mordre le cercle après avoir lâché sa boule ?
Oui, seulement après que la boule a touché le sol. Avant ce contact, les pieds doivent rester entièrement dans le cercle, conformément à l’article 6 du règlement FFPJP.
Une boule tirée qui sort du terrain peut-elle revenir en jeu ?
Non. Dès qu’elle a entièrement franchi une limite de terrain autorisé, elle est nulle selon l’article 19. Elle doit être retirée du jeu, même si une pente la ramène ensuite.
Combien de temps un joueur a-t-il pour tirer ?
Le délai est d’une minute à partir de l’arrêt du but ou de la boule précédente, ou après une mesure. L’article 21 encadre ce temps de jeu.
Peut-on mesurer un point avec le pied ?
Non. L’article 26 impose un instrument approprié et interdit explicitement la mesure avec les pieds.
Que se passe-t-il si un joueur déplace une boule en mesurant ?
Son équipe perd le point litigieux en application de l’article 28. Les boules doivent être marquées avant toute manipulation nécessaire à la mesure.
